DreamKitchen Anderlecht : cuisiner ensemble pour un impact solidaire

18 Jun 2026 · 22 min de lecture · 4 334 mots

Découvrez l'initiative DreamKitchen à Anderlecht, où étudiants et bénévoles cuisinent ensemble pour lutter contre le gaspillage.

DreamKitchen Anderlecht : cuisiner ensemble pour un impact solidaire

À Anderlecht, DreamKitchen s’impose comme une cuisine collective qui transforme des invendus alimentaires en repas complets, accessibles et conviviaux. Porté localement autour du site des Abattoirs (place de l’Abattoir, quartier de Cureghem), le projet associe habitants, étudiants et commerçants pour réduire le gaspillage alimentaire et renforcer les liens sociaux, avec un appui déterminant de partenaires comme Colruyt Group Foundation et des acteurs de terrain tels que Cultureghem (Colruyt Group Foundation; Cultureghem). Pour les étudiants en kot, la cuisine solidaire étudiants est une excellente opportunité d'optimiser leur budget tout en s'engageant.

Qu'est-ce que DreamKitchen ?

Origines d’une cuisine solidaire ancrée à Cureghem

DreamKitchen Anderlecht naît de la rencontre entre un défi urbain — le gaspillage alimentaire — et une opportunité locale : l’abondance d’invendus frais issus des marchés des Abattoirs, l’un des plus vastes marchés à ciel ouvert de Bruxelles. Dans ce quartier de Cureghem, où se concentrent commerces de bouche, maraîchers et grossistes (place de l’Abattoir, rue Ropsy Chaudron), des volumes significatifs de fruits et légumes restent souvent sans débouché en fin de journée. L’idée fondatrice de DreamKitchen est simple et opérationnelle : récupérer ces invendus alimentaires, les trier, les transformer dans une cuisine collective, et les partager sous forme de repas sains à contribution libre ou symbolique (Cultureghem; Abattoir).

Le projet s’inscrit dans la mouvance des “cuisines de quartier” qui mutualisent équipements, compétences et approvisionnement. Dans le cas d’Anderlecht, ce modèle bénéficie d’un écosystème particulièrement favorable : forte accessibilité en transports (métro 2-6 Delacroix et Clémenceau, tram 81, bus 46 et 86), flux importants de produits frais durant les jours de marché, réseau actif d’associations socio-culturelles et de collectifs citoyens. Colruyt Group Foundation soutient cette dynamique au travers d’un accompagnement logistique et financier qui permet d’ancrer durablement la cuisine solidaire dans le paysage local (Colruyt Group Foundation). Découvrez les annonces de kots à Bruxelles pour vous installer près de cette initiative inspirante.

Au-delà de l’assiette, DreamKitchen Anderlecht est pensé comme un lieu de rencontre ouvert : étudiants en kot, familles du quartier, seniors, travailleurs précaires, commerçants et bénévoles s’y retrouvent pour cuisiner ensemble, partager des techniques, planifier des menus, et échanger autour d’un repas. Cette dimension d’hospitalité et de partage structure la gouvernance du projet — horizontale et collaborative — pour garantir que chaque personne qui pousse la porte puisse trouver sa place, qu’elle contribue une heure de bénévolat, des compétences culinaires ou des denrées sauvées.

Un projet à la croisée de la lutte contre le gaspillage et de l’accès à une alimentation de qualité

Sur le plan européen, le gaspillage alimentaire atteint environ 131 kg par personne et par an en moyenne (donnée 2020, Eurostat). Sans prétendre absorber à elle seule une telle ampleur, DreamKitchen s’attaque à une portion très concrète de ce gaspillage, précisément là où il survient : sur les étals en fin de marché et dans la logistique de fin de journée. Cet ancrage de proximité confère au projet un effet “court-circuit” particulièrement efficace : moins de pertes, moins de transport, plus de valeur sociale créée au plus près des besoins (Eurostat; Abattoir). Réussir vos études et participer à des initiatives locales peuvent être complémentaires.

Dans le même temps, le pouvoir d’achat alimentaire est sous pression. En Belgique, l’inflation des produits alimentaires est restée élevée sur 2022-2023, avec des hausses à deux chiffres sur certains postes (Statbel, Indice des prix à la consommation). Pour les étudiants et les ménages à faibles revenus, l’accès à des repas équilibrés s’en trouve fragilisé. La “cuisine solidaire étudiants” intégrée au fonctionnement de DreamKitchen Anderlecht répond à cette situation en proposant des plats végétariens majoritairement, nutritifs et peu coûteux, sans sacrifier la qualité ni la saisonnalité lorsque cela est possible (Statbel).

Le concept associe ainsi trois leviers stratégiques : une filière de récupération d’invendus, une cuisine collective ouverte à l’apprentissage mutuel, et un modèle de contribution accessible. L’équation est doublement vertueuse : un impact social immédiat (repas et rencontres) et un gain environnemental tangible (réduction des déchets et des émissions associées). Soutenu par des acteurs reconnus, le projet s’inscrit dans la durée et s’outille pour renforcer ses processus (formation à l’hygiène, traçabilité des flux, partenariats réguliers) afin d’assurer une qualité constante.

Bon à savoir : Le site des Abattoirs d’Anderlecht concentre l’un des marchés alimentaires les plus fréquentés de Bruxelles, ce qui facilite la récupération d’invendus en fin de marché et la mise en place d’une logistique de tri de proximité (Abattoir).

Un ancrage communal et régional assumé

Anderlecht, avec une population supérieure à 120 000 habitants, constitue l’une des plus grandes communes de la Région bruxelloise (Statbel). La diversité socio-économique du territoire se reflète dans le public de DreamKitchen : profils variés, langues multiples, temporalités différentes (étudiants en blocus, salariés aux horaires atypiques, familles). Le quartier de Cureghem, historiquement commerçant, bénéficie d’un tissu associatif dense — une ressource clé pour élargir la portée du projet sans perdre le contact humain.

Cette échelle locale n’empêche pas la réplicabilité. En documentant ses méthodes et en consolidant ses partenariats, DreamKitchen Anderlecht contribue à une boîte à outils qui peut inspirer d’autres communes bruxelloises. Le modèle met en évidence l’intérêt d’un point d’ancrage autour d’un marché alimentaire de taille critique, d’une cuisine équipée, et d’une coordination bénévoles-commerçants bien huilée. Le soutien de fondations et de partenaires privés ou publics réduit le coût d’amorçage et stabilise l’activité au-delà de l’élan initial (Colruyt Group Foundation; Cultureghem). Pour d'autres initiatives similaires, consultez notre guide des kots éco-responsables.

Enfin, le positionnement central — à quelques minutes à pied des stations de métro Clémenceau et Delacroix — facilite l’accès des étudiants en kot à Bruxelles qui fréquentent les campus du centre, de l’ULB et de la VUB via la STIB. Ce maillage de mobilité renforce le potentiel d’engagement des volontaires et augmente la probabilité que des paniers d’invendus trouvent rapidement une seconde vie derrière les fourneaux.

Fonctionnement de la cuisine solidaire

Collecte, tri et sécurité alimentaire

Le cœur du dispositif repose sur un protocole de récupération d’invendus alimentaires rigoureux. Les bénévoles et coordinateurs prennent contact avec les commerçants et producteurs du marché des Abattoirs en fin de journée. Les denrées proposées — essentiellement fruits et légumes — sont collectées, pesées à réception lorsque la logistique le permet, puis triées selon des critères simples : état de fraîcheur, maturité, anomalies visuelles acceptables, présence potentielle d’allergènes. Les produits non conformes à une préparation immédiate sont orientés vers des usages alternatifs (transformation en soupes, sauces, conserves) ou vers le compost si la consommation n’est pas envisageable.

La sécurité alimentaire est encadrée par les recommandations de l’Agence fédérale pour la Sécurité de la Chaîne alimentaire (AFSCA). Cela implique un respect strict de la chaîne du froid, des règles d’hygiène en cuisine, de la séparation des flux (cru/cuit) et du nettoyage-désinfection des postes. Les sessions démarrent par un briefing hygiène, le port de charlottes et gants est encouragé selon les tâches, et une fiche de suivi des températures est conservée pour les préparations sensibles. Cette discipline permet d’articuler convivialité et professionnalisme minimal requis (AFSCA).

Les menus sont ensuite construits en “cuisine d’opportunité” selon l’offre du jour. L’équipe coordonne l’élaboration de plats majoritairement végétariens — choix cohérent avec les invendus dominants du marché et avec l’objectif carbone — en veillant à l’équilibre nutritionnel : apport en protéines via légumineuses, céréales complètes, œufs le cas échéant ; variété de légumes ; et limitation du sel et des sucres ajoutés. La sobriété des recettes favorise la formation des bénévoles débutants et l’efficacité en grand volume.

Attention : La redistribution de denrées issues d’invendus requiert le respect des délais de consommation et une traçabilité minimale. Les produits d’origine animale à risque (charcuterie, produits laitiers non pasteurisés, viande cuite conservée) ne sont traités que si les conditions d’hygiène et de froid sont garanties, conformément aux lignes directrices de l’AFSCA.

Organisation des sessions et rôles des participants

Le planning hebdomadaire s’articule généralement autour de créneaux de récolte (fin de marché), de cuisine (fin d’après-midi/soirée) et de service (soirée). Les étudiants et riverains s’inscrivent à l’avance pour équilibrer les postes : réception/tri, préparation (découpe, cuisson), dressage, service, nettoyage. Un coordinateur expérimenté assure la cohérence des recettes, la gestion des risques et la fluidité logistique (allumage des feux, ventilation, gestion des stocks secs).

Grâce au format “cuisine collective”, l’apprentissage par les pairs est constant. Les étudiants en kot découvrent des gestes techniques (lever des filets de poisson s’il y en a, rôtir des légumes à haute température, ajuster l’assaisonnement), tandis que des cuisiniers amateurs partagent des savoir-faire issus de traditions culinaires multiples du quartier de Cureghem. La cuisine devient une micro-école ouverte, où la régularité des ateliers renforce la montée en compétence.

La contribution financière des convives s’effectue souvent via un système à prix libre ou à contribution symbolique, qui couvre une partie des charges (énergie, consommables, entretien). Les partenaires — publics, privés ou fondations — complètent le budget en finançant l’équipement, l’entretien de la cuisine, la coordination et certaines formations. Cette hybridation des revenus assure l’accessibilité des repas, sans céder sur des standards minimaux d’hygiène et de qualité (Colruyt Group Foundation; Cultureghem).

Localisation, accessibilité et liens avec les acteurs du quartier

Située à proximité immédiate des Abattoirs d’Anderlecht, la cuisine est accessible à pied depuis les stations de métro Clémenceau et Delacroix (lignes 2 et 6), ainsi que par le tram 81 et les bus 46 et 86 de la STIB. Cette accessibilité est déterminante pour une “cuisine solidaire étudiants” : les kotteurs de Laeken à Saint-Gilles, en passant par le centre, peuvent rejoindre facilement le site en soirée.

DreamKitchen développe des collaborations avec des associations d’éducation permanente, des écoles de devoirs du quartier et, lorsque pertinent, avec le CPAS pour orienter des publics fragilisés vers des repas et des activités utiles (cuisine, hygiène alimentaire, budget cuisine). Des passerelles existent également avec des commerçants et associations de lutte contre le gaspillage pour optimiser la chaîne de valeur des invendus alimentaires : du tri à la transformation, puis à la consommation, ou à la mise en bocaux.

Enfin, la cuisine investit l’espace public lorsque la météo le permet, sous forme de tables partagées ou de dégustations à l’entrée du site, pour favoriser la rencontre. Cette présence visible renforce la sensibilisation au gaspillage alimentaire et incite des commerçants à rejoindre la boucle des donateurs. L’ancrage au sein du marché des Abattoirs — pôle alimentaire majeur de la commune — demeure un avantage logistique et symbolique.

Bon à savoir : Les invendus alimentaires sont constitués majoritairement de fruits et légumes peu transformés. Leur récupération et leur cuisson rapide permettent une forte valeur nutritionnelle pour un coût énergétique limité, tout en facilitant la conformité aux règles AFSCA.

Impact social et environnemental

Réduction mesurable du gaspillage alimentaire

À l’échelle européenne, les pertes et gaspillages atteignent environ 131 kg par personne et par an (Eurostat, 2020). Si l’on applique par hypothèse cet ordre de grandeur à Anderlecht (plus de 120 000 habitants), le gisement théorique dépasse 15 000 tonnes par an. Une cuisine collective comme DreamKitchen n’a pas vocation à tout absorber, mais elle agit précisément sur la fraction la plus “facile” à sauver : les invendus en fin de marché, souvent encore parfaitement consommables.

Le fait de travailler au plus près des étals des Abattoirs permet d’éviter l’étape critique où la marchandise bascule vers la benne. Récupérer même quelques centaines de kilos par semaine se traduit, sur l’année, par plusieurs tonnes de denrées sauvées. Au-delà du volume, la temporalité est clé : transformer le jour même, servir rapidement, et, si nécessaire, refroidir et redistribuer sous forme de plats à emporter. Cette réactivité logistique est au cœur de l’empreinte réduite de DreamKitchen (Abattoir; Cultureghem).

En termes de climat, la littérature scientifique montre que l’empreinte carbone varie fortement selon les produits. Les légumes et fruits ont une intensité moindre que les viandes, mais leur mise en décharge produit des émissions évitables. En privilégiant la valorisation culinaire des produits végétaux invendus, la cuisine solidaire combine sobriété carbone et bénéfice sanitaire. Même sans chiffre unique, les ordres de grandeur plaident pour l’impact : préserver des denrées comestibles reste plus vertueux que gérer des déchets.

Cohésion sociale et accès à l’alimentation

Bruxelles affiche un taux de risque de pauvreté et/ou d’exclusion sociale parmi les plus élevés du pays, autour d’un tiers de la population selon les analyses régionales (IBSA). Dans ce contexte, l’accès à des repas complets, peu coûteux et conviviaux n’est pas un luxe ; c’est un filet de sécurité. À Anderlecht, la diversité des situations — chômage plus élevé que la moyenne régionale, ménages monoparentaux, jeunes adultes en insertion — amplifie l’utilité d’un lieu où l’on peut cuisiner ensemble et répartir les charges (Inégalités socioéconomiques – IBSA; Actiris, statistiques communales).

Pour les étudiants en kot, l’inflation des produits alimentaires constatée en 2022-2023 a représenté une contrainte budgétaire tangible (Statbel). Les sessions “cuisine solidaire étudiants” de DreamKitchen Anderlecht agissent comme un complément : apprentissage pour cuisiner malin avec des produits bruts, mutualisation d’achats de base (céréales, légumineuses) et réduction du coût du repas par effet de volume. Le repas devient une ressource, mais aussi un cadre d’accompagnement informel pour discuter logement, cours, et travail étudiant.

La convivialité n’est pas un indicateur anecdotique. Des études en santé publique lient le fait de partager des repas à des bénéfices sur l’isolement perçu, la qualité de l’alimentation et la transmission de compétences culinaires. En s’ouvrant à toutes et tous, DreamKitchen convertit un flux de déchets évités en capital social. Cela se traduit par des bénévoles qui montent en compétence, des liens intergénérationnels, et des passerelles vers l’emploi pour certains (références et recommandations au sein d’associations partenaires).

Bon à savoir : L’ancrage à proximité du métro et du tram réduit l’empreinte logistique des bénévoles et des convives, un facteur souvent oublié dans l’évaluation de l’impact environnemental global des cuisines solidaires urbaines.

Un levier pédagogique et comportemental

Au-delà des volumes sauvés, DreamKitchen agit comme une “école de pratiques” contre le gaspillage au domicile. Les participants apprennent à cuisiner les fanes, réaliser des bouillons d’épluchures, planifier les portions, optimiser la conservation (mise sous vide, bocaux), et interpréter les dates (DDM vs DLC) pour éviter des rejets prématurés. Ces micro-apprentissages se diffusent ensuite dans les kots et les foyers, démultipliant l’impact bien au-delà de la cuisine elle-même.

La mise en visibilité des flux — peser, afficher, restituer des chiffres simples — crée une culture du résultat. Lorsqu’un tableau de bord hebdomadaire rappelle les kilos sauvés et le nombre de repas servis, la communauté voit l’impact concret de son engagement. Ce retour d’information, conjugué à un système de reconnaissance des bénévoles (attestations, recommandations), nourrit la motivation et la qualité opérationnelle.

Enfin, l’appui de partenaires structurés comme Colruyt Group Foundation stabilise l’expérimentation. Cet appui facilite l’achat d’équipements durables (couteaux, bacs gastro, armoires froides économes en énergie) et le financement de formations (hygiène AFSCA, sécurité incendie). Résultat : une empreinte environnementale maîtrisée, un impact social robuste, et une pérennité qui dépasse le simple bénévolat de circonstance (Colruyt Group Foundation; AFSCA).

Portraits de participants

Étudiants en kot et jeunes actifs à budget serré

Parmi les participants réguliers se trouvent de nombreux étudiants en kot à Bruxelles qui fréquentent les campus centraux et les hautes écoles accessibles depuis Anderlecht. Leurs motivations sont convergentes : alléger un budget serré, améliorer des compétences culinaires, et s’engager dans une cause concrète — la réduction du gaspillage alimentaire. Les soirées de semaine attirent ceux qui travaillent en job étudiant le week-end, tandis que les périodes d’examens voient un reflux des bénévoles, compensé par des riverains disponibles en journée.

L’inflation alimentaire de 2022-2023 a reconfiguré leurs arbitrages : cuisiner en groupe et mutualiser des denrées offre un levier d’économies tout en maintenant la qualité nutritionnelle des repas (Statbel). La “cuisine solidaire étudiants” sert alors de sas d’apprentissage : comment accommoder des invendus un peu trop mûrs, composer un menu équilibré, et éviter les achats superflus. Le bouche-à-oreille entre kots et cercles étudiants alimente le vivier de volontaires, formant une relève qui permet à DreamKitchen Anderlecht de tenir la cadence.

Leur participation ne se limite pas à l’épluchage. Certains étudiants se spécialisent dans la planification et la communication, structurent l’inscription des créneaux, ou construisent des supports pédagogiques. Cette polyvalence nourrit des compétences transférables sur le marché du travail (gestion de projet, hygiène, travail en équipe), particulièrement appréciées dans l’horeca bruxellois.

Familles du quartier, seniors et nouveaux arrivants

Le public anderlechtois de DreamKitchen reflète la diversité de Cureghem : familles avec enfants, seniors, primo-arrivants. Pour les premiers, la cuisine collective offre des repas abordables, mais aussi un espace pour impliquer les enfants dans la préparation, dimension éducative non négligeable. Pour les seniors, le rendez-vous permet de rompre l’isolement et de maintenir des routines culinaires, avec un accompagnement attentif aux régimes spécifiques (moins de sel, textures adaptées).

Les nouveaux arrivants — souvent polyglottes — apportent des recettes et des techniques qui enrichissent la carte. La rotation des produits invendus incite à la créativité : tajines de légumes racines, currys doux pour valoriser des choux-fleurs, soupes épicées de fin de marché. La cuisine devient une grammaire partagée où chacun traduit son patrimoine culinaire en solutions anti-gaspi.

Plus largement à Bruxelles, le risque de pauvreté et d’exclusion sociale demeure élevé (IBSA). À Anderlecht, le marché du travail reste plus heurté que dans d’autres communes, avec des taux de chômage supérieurs à la moyenne régionale selon Actiris. Dans ce contexte, la présence d’un lieu solidaire et accessible revêt une importance accrue : il facilite l’accès à une alimentation correcte et propose un engagement utile à celles et ceux qui souhaitent donner de leur temps (IBSA; Actiris).

Commerçants, associations partenaires et bénévoles expérimentés

Les commerçants des Abattoirs jouent un rôle charnière. En acceptant de mettre de côté des invendus alimentaires encore consommables, ils intègrent DreamKitchen à la vie du marché et l’aident à lisser la variabilité des approvisionnements. Les partenariats formalisés — créneaux de récupération dédiés, points de dépôt — accélèrent le tri et réduisent les pertes de dernière minute (Abattoir).

Les associations de terrain, au premier rang desquelles Cultureghem, apportent une expertise logistique, une connaissance fine du site et un maillage bénévole éprouvé. Cet appui est décisif pour basculer d’actions sporadiques à une cadence régulière, synonyme d’impact réel (Cultureghem). À cela s’ajoute l’intervention des fondations, comme Colruyt Group Foundation, qui sécurise les moyens matériels et accompagnent la professionnalisation du dispositif (Colruyt Group Foundation).

Enfin, un noyau de bénévoles expérimentés assure la mémoire opérationnelle : ils forment les nouveaux, codifient les bonnes pratiques (fiches recette, consignes d’hygiène), et pilotent les services les jours d’affluence. Leur rôle de “garde-fous” garantit que la cuisine collective reste un espace sûr, accueillant et efficace, y compris lors des pics saisonniers du marché.

Attention : Les portraits ici décrivent des profils types observés dans des cuisines solidaires urbaines à Anderlecht et à Bruxelles. Ils ne constituent pas des témoignages individuels. L’objectif est d’éclairer les dynamiques sociales, sans exposer de situations personnelles.

Comment s'engager

Devenir bénévole à DreamKitchen Anderlecht

Le premier pas consiste à s’inscrire sur les créneaux disponibles : collecte, tri, préparation, service, nettoyage. Un court briefing d’accueil couvre la sécurité, l’hygiène (références AFSCA) et l’organisation du jour. Les étudiants peuvent aligner leurs disponibilités en soirée ; les riverains et personnes en horaire flexible contribuent en journée. L’important est la régularité, même modeste : deux heures par semaine suffisent à renforcer l’équipe.

Conseils pratiques pour démarrer rapidement :

  • S’équiper simplement : chaussures fermées antidérapantes, tenue confortable, cheveux attachés.
  • Arriver 10 minutes avant le créneau pour prendre connaissance du menu et des postes.
  • Signaler allergies et contraintes alimentaires au coordinateur.
  • Suivre les consignes d’hygiène (lavage des mains, plan de travail propre, séparation cru/cuit) selon les recommandations AFSCA.
  • Participer au débrief de fin de service pour améliorer les flux et partager les apprentissages.

Les bénévoles réguliers peuvent accéder à des formations ciblées (HACCP de base, gestion des stocks, sécurité incendie) utiles dans l’horeca et valorisables sur un CV. Certaines fondations et partenaires soutiennent ces formations, réduisant la barrière à l’entrée pour des publics éloignés de l’emploi (Colruyt Group Foundation; AFSCA).

Mobiliser un kot, une classe, une équipe

Pour les kots étudiants et associations, la clé est de proposer un créneau “équipe” de 6 à 10 personnes, idéal pour couvrir un service complet. La cuisine collective s’y prête : un binôme à la découpe, un trio cuisson, une personne à la plancha ou au four, une au dressage, une au service, une à la plonge. En amont, une réunion courte (30 minutes) suffit à aligner les attentes et à préciser les règles d’hygiène et de sécurité.

Quelques pistes pour ancrer l’engagement dans la durée :

  • Planifier un cycle mensuel (ex. premier mercredi du mois) pour créer un rendez-vous stable.
  • Proposer des “défis anti-gaspi” (cuisiner un légume boudé, faire zéro déchet sur un service).
  • Documenter les recettes réussies dans un cahier partagé pour accélérer la montée en compétence.
  • Inviter un commerçant du marché à présenter son métier et les contraintes de fin de journée.

Les écoles, CPAS et services d’insertion peuvent quant à eux intégrer DreamKitchen à des parcours socio-professionnels : découverte des métiers de bouche, respect des normes AFSCA, dynamique d’équipe. Cet ancrage rend l’engagement plus robuste et utile à long terme, au-delà de l’expérience citoyenne ponctuelle.

Commerçants et partenaires: comment donner et soutenir

Les commerçants des Abattoirs, mais aussi des rues commerçantes d’Anderlecht (rue Wayez, chaussée de Mons), peuvent rejoindre la boucle de don. Le processus est simple : identifier les invendus alimentaires encore consommables, contacter la coordination pour fixer une plage de collecte, et établir un point de dépôt. Une attestation de don peut être fournie si nécessaire. L’objectif n’est pas de “vider” des stocks, mais d’éviter les pertes évitables autour de la fermeture du marché.

Les partenaires financiers et logistiques peuvent contribuer de plusieurs manières : financer du matériel durable (bacs GN inox, armoires réfrigérées classe énergétique élevée), prendre en charge des consommables (gants, produits de nettoyage écolabellisés), ou soutenir des actions pédagogiques (fiches recettes multilingues, ateliers hygiène). Les fondations, dont Colruyt Group Foundation, montrent que ce soutien ciblé produit un effet de levier notable sur l’impact social et environnemental (Colruyt Group Foundation).

Enfin, pour les habitants et étudiants, quelques gestes simples prolongent l’action à domicile : planifier les menus de la semaine, cuisiner en “batch-cooking”, comprendre la différence entre DDM (date de durabilité minimale) et DLC (date limite de consommation), et valoriser les restes. En cumulant cuisine collective et bonnes pratiques domestiques, l’impact agrégé sur le gaspillage alimentaire devient substantiel.

Attention : Les dons alimentaires doivent respecter les règles de sécurité. Les produits réfrigérés ne peuvent être donnés ou récupérés que si la chaîne du froid est garantie. Les préparations maison non tracées ne sont en principe pas redistribuées, conformément aux recommandations de l’AFSCA.

Sources