La crise du logement étudiant à Bruxelles : comment s'en sortir ?

16 Feb 2026 23 min de lecture

À Bruxelles, la crise du logement étudiant s'aggrave. Découvrez des stratégies pour trouver un kot malgré les difficultés.

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La crise du logement étudiant à Bruxelles : comment s'en sortir ?

À Bruxelles, la crise logement étudiant s’installe dans la durée. Selon une enquête relayée par la RTBF, six étudiants sur dix déclarent avoir eu des difficultés à trouver un kot pour l’année académique, un indicateur net d’un marché sous tension persistante (RTBF, lien en Sources). Dans une ville université où la pression locative générale s’est accrue avec l’inflation de 9,6 % en 2022, l’accès à un logement abordable à proximité des campus d’Ixelles, Etterbeek, Saint-Gilles ou du Pentagone devient un facteur déterminant de réussite académique (Statbel, inflation annuelle 2022).

1. État de la crise actuelle

Une demande structurellement supérieure à l’offre

La dynamique bruxelloise combine une croissance du nombre d’étudiants, une concurrence forte avec les jeunes actifs sur le segment des petites surfaces et une production de kots ne couvrant pas la demande. Les quartiers historiques étudiants — Ixelles (cimetière d’Ixelles, avenue Buyl, quartier de l’ULB), Etterbeek (campus Plaine), Schaerbeek (autour de Saint-Louis), et le Pentagone (Marché aux Herbes, Dansaert) — concentrent la pression. Les studios et chambres proches des lignes STIB 7, 8, 71 et 95, ou des gares d’Etterbeek, Delta et Schuman, partent vite et cher. La RTBF relève que la majorité des étudiants a connu des difficultés à se loger, signe d’un déséquilibre durable entre l’offre et la demande (RTBF).

Cette tension se nourrit aussi des loyers du parc général. L’Observatoire des loyers de la Région de Bruxelles-Capitale documente depuis plusieurs éditions une hausse tendancielle sur les petites unités, particulièrement les studios et appartements une chambre, qui servent souvent de “substituts” aux kots quand l’offre dédiée est insuffisante. Même si l’Observatoire ne couvre pas uniformément les chambres en colocation ou les kots, la tendance sur les petites surfaces se répercute mécaniquement sur les loyers étudiants à proximité des pôles universitaires (Observatoire des loyers – Perspective.brussels).

Enfin, la disponibilité saisonnière joue contre les étudiants. La fenêtre critique de juin à septembre concentre les recherches, alors que de nombreux biens restent immobilisés jusqu’aux remises de clés de fin d’été. Résultat : une montée des prix au moment où la demande est maximale, notamment autour de l’ULB, de la VUB (campus Etterbeek et Jette) et de l’USL-B à Saint-Josse/Schaerbeek. Les pénuries s’étendent désormais vers des communes jusque-là plus accessibles comme Forest (Altitude Cent, Parc de Forest), Anderlecht (Veeweyde, Jacques Brel) et Evere (plaine d’Evere, Bordet), bien reliées par la STIB et De Lijn.

Bon à savoir : L’inflation 2022 a atteint 9,6 % en Belgique, avec un pic sur les coûts énergétiques qui a renchéri les charges locatives et incité des propriétaires à répercuter une partie des hausses sur les loyers ou provisions (Statbel).

Des prix qui dérivent et une qualité inégale

Les fourchettes observées à Bruxelles montrent un écart marqué entre chambres avec sanitaires partagés et studios. Les services spécialisés et plateformes étudiant·e·s indiquent des kots en chambre simple avec cuisine/salle d’eau commune régulièrement affichés entre environ 400 et 550 euros hors charges, et des studios de 25 à 35 m² allant souvent bien au-delà de 700 euros selon l’emplacement et l’état, avec des pointes plus élevées autour d’Ixelles et du centre (références indicatives publiées par Brik et par des plateformes étudiantes; liens en Sources). Cette dérive des prix, combinée à des charges en hausse depuis 2022, pousse de nombreux étudiants à s’éloigner des campus, au prix de temps de trajet plus longs.

La qualité du bâti reste hétérogène. En Région bruxelloise, le certificat PEB est obligatoire pour toute mise en location, mais une partie du parc de chambres en maison unifamiliale aménagée n’a pas toujours été optimisée énergétiquement. Les étudiants rencontrent encore des logements mal isolés, des systèmes de chauffage vétustes ou des problèmes de conformité des installations sanitaires. Cette réalité n’est pas propre à Bruxelles, mais la densité et l’ancienneté du bâti dans les quartiers centraux accentuent l’enjeu. Les contrôles existent, mais la saisonnalité et la rotation élevée compliquent leur effectivité.

Les écarts de loyers intra-urbains deviennent structurants. Entre une chambre près du cimetière d’Ixelles, un studio autour de la place Flagey et un kot rénové à Schaerbeek (quartier Huart Hamoir), les différentiels peuvent dépasser 30 à 40 % à surface équivalente, selon l’accessibilité STIB et la concurrence. Pour un même budget, les étudiants arbitrent entre distance, confort et charges. La tension s’observe également dans les colocations 3-5 chambres autour de Saint-Gilles (Parvis, Barrière) et de Forest, où les chambres se négocient rapidement, attirant autant des étudiants que des jeunes actifs.

Attention : Les annonces sans certificat PEB, sans détail des charges ou sans numéro d’enregistrement peuvent signaler une non-conformité. Vérifiez systématiquement le bail-type bruxellois et les états des lieux contradictoires.

Un impact budgétaire et académique mesurable

Le logement pèse désormais plus fortement dans le budget étudiant. Entre le minerval, les transports (STIB, TEC, De Lijn), l’alimentation et l’énergie, la part consacrée au loyer et aux charges a augmenté après 2022. La combinaison inflationniste — 9,6 % en 2022 — a entraîné des arbitrages : reports d’inscription, recherche d’emplois étudiants supplémentaires, allongement des temps de trajet quand le logement est éloigné des campus (Statbel). La RTBF rapporte pour sa part une progression marquée des difficultés d’accès à un kot, reflet d’une contrainte financière et d’une offre sous-dimensionnée (RTBF).

Au-delà des chiffres, le calendrier académique amplifie la pression. Les rentrées échelonnées (ULB/VUB en septembre, cours de rattrapage en août), les sessions d’examens de janvier et juin, et les stages hospitaliers ou en entreprise influencent la flexibilité requise des baux. Or, la pratique dominante reste celle des baux de 12 mois, parfois 10, ce qui pèse sur les budgets quand les logements sont peu ou pas utilisés l’été. Cette rigidité explique le succès relatif des résidences étudiantes avec services, mais celles-ci demeurent plus onéreuses.

À l’échelle urbaine, la crise logement étudiant se combine à la rareté des petites surfaces pour jeunes ménages. Les politiques régionales de rénovation énergétique et les projets urbains (par exemple la requalification du site Usquare à Ixelles/Etterbeek) devraient, à terme, accroître l’offre adaptée aux étudiants et doctorants. Mais la montée en puissance est progressive, alors que la demande est immédiate. Sans action coordonnée entre communes, Région et établissements, le risque est de voir perdurer les files d’attente au cœur de la rentrée et des renoncements de dernière minute.

2. Témoignages d’étudiants

Ce que disent les enquêtes et les reportages

Les difficultés d’accès aux kots en Région bruxelloise sont largement documentées par les médias et les associations étudiantes. L’enquête citée par la RTBF met en évidence que six étudiants sur dix ont eu du mal à trouver un kot, un taux élevé qui se retrouve dans les échanges avec les services logement universitaires et les bureaux d’aide sociale (RTBF). Les reportages diffusés à la rentrée relatent des recherches entamées dès le printemps, avec des visites groupées saturées près de l’ULB et de la VUB.

Dans ces formats, plusieurs tendances reviennent : annonces retirées très vite, demandes de garanties élevées pour des studios autour de Flagey ou de la place du Châtelain, et files lors des portes ouvertes de résidences universitaires. Les associations estudiantines francophones et néerlandophones, actives à Bruxelles, relaient ces constats : budgets contraints, concurrence accrue avec des jeunes travailleurs sur les colocations à Saint-Gilles et à Forest, et arbitrages contraints vers Evere, Jette ou Neder-Over-Heembeek, pourtant plus éloignées de certains campus.

À l’échelle des campus, les services logement constatent une hausse des sollicitations d’urgence en septembre et octobre. Les étudiants de première inscription, souvent peu familiers du marché bruxellois, indiquent des incompréhensions fréquentes sur les charges, le PEB ou les durées de bail. Les décalages entre attentes (chambre meublée à proximité directe, charges maîtrisées) et réalité du marché (loyers plus élevés, baux annuels) ressortent régulièrement des retours collectés par les universités et les plateformes spécialisées.

Contraintes budgétaires, distances et arbitrages

Les témoignages recueillis par les services sociaux et logistiques universitaires convergent : le coût global du logement pèse sur les choix académiques. Le cumul des loyers, charges de chauffage et d’électricité, caution et frais d’entrée alourdit le démarrage d’année. L’inflation de 2022, mesurée par Statbel, a accentué le phénomène, avec des provisions de charges parfois revues à la hausse en cours de bail, notamment dans des immeubles anciens autour d’Ixelles et de Saint-Gilles (Statbel). Des étudiants rapportent aussi la nécessité d’accepter des trajets quotidiens plus longs depuis Anderlecht (ligne de métro 5, tram 81) ou Evere (tram 7, bus 66) pour respecter un budget réaliste.

Les visites express et la pression à la décision rapide reviennent dans les récits médiatisés. Autour de la Plaine (Etterbeek/Auderghem), des studios se décident en 24-48 heures en haute saison. Dans le centre, des chambres en colocation autour de Sainte-Catherine ou Saint-Géry disparaissent après quelques heures d’annonce. Les étudiants mettent alors en avant l’importance d’un dossier prêt et d’une coordination entre colocataires potentiels. Les services logement universitaires insistent, dans leurs communications, sur l’anticipation dès le printemps pour réduire ce stress de dernière minute.

La question de la qualité et de la conformité alimente aussi les retours. Des logements annoncés comme “rénovés” présentent parfois des défauts d’isolation acoustique ou des équipements partagés insuffisants pour la taille de la maison. Les étudiants évoquent l’importance de vérifier le PEB, la ventilation, la conformité électrique et la présence d’un état des lieux contradictoire. À Bruxelles, le référentiel du bail étudiant de la Région et les modèles de documents disponibles en ligne servent de garde-fou; cependant, la rapidité des transactions en période de pic limite parfois la vigilance.

Bon à savoir : Plusieurs services logement universitaires bruxellois publient des check-lists de visite et des modèles d’état des lieux. Consultez les pages “Logement” de l’ULB, de la VUB et de l’USL-B pour harmoniser vos vérifications avant signature.

Étudiants internationaux et primo-arrivants, un défi supplémentaire

Les échanges et masters internationaux augmentent la demande sur des périodes décalées et sur des durées variables. Ces profils, moins familiers du marché et des règles locales, témoignent d’une plus grande exposition à des loyers élevés et à des offres de sous-location peu claires. À proximité de Schuman et du quartier européen, la concurrence avec des stagiaires et jeunes actifs internationaux tend à faire grimper les prix des studios et des chambres en colocation. Les universités bruxelloises multiplient les guides en anglais et néerlandais, mais les arrivées tardives compliquent l’accès à des biens proches des campus en septembre.

Les primo-inscrits issus d’autres Régions signalent, dans les retours agrégés des services sociaux, un besoin d’accompagnement sur les aides disponibles (CPAS de leur commune d’origine, bourses, garanties locatives). Les déplacements pour visites représentent aussi un coût, notamment depuis la Wallonie picarde, le Hainaut ou la province de Liège. D’où l’intérêt croissant pour des solutions temporaires en auberge de jeunesse ou en résidences étudiantes à bail court dès la fin août, le temps de finaliser une option plus durable.

Enfin, les témoignages soulignent l’importance des transports. La proximité de lignes structurantes — tram 7 (VUB/ULB – Heysel), bus 71 (Delta – De Brouckère), métro 5 (Erasme – Herrmann-Debroux) — peut compenser une plus grande distance. Les étudiants considèrent un seuil de 30 à 40 minutes porte-à-porte comme acceptable quand le loyer permet de respecter la contrainte budgétaire mensuelle. Cette équation — distance, coût, qualité — rythme une grande partie des décisions de logement à Bruxelles.

3. Interventions des universités

Des capacités en logement universitaires mais une demande excédentaire

Les universités bruxelloises (ULB, VUB, USL-B, HE2B, ERG, Conservatoires, etc.) disposent de parcs de chambres et studios gérés en direct ou via des opérateurs partenaires. Ces offres prioritaires, souvent attribuées sur critères sociaux ou académiques, affichent complet très tôt. Les universités communiquent chaque année sur des périodes et procédures d’attribution, avec listes d’attente dès le printemps. Les capacités totales, bien qu’importantes à l’échelle des établissements, ne couvrent pas l’ensemble des besoins, en particulier en première inscription.

Les services logement jouent un rôle d’amortisseur. Ils publient des annonces vérifiées, accompagnent la lecture des baux, organisent des permanences juridiques et interviennent pour des mises en relation en colocation. Ils orientent également vers des résidences étudiantes privées respectant les standards de sécurité et de confort. Cette intermédiation vise à réduire les risques de non-conformité et à rendre plus fluides les attributions en période de forte tension.

Certains établissements favorisent des tarifs modulés selon critères sociaux, afin d’offrir des loyers maîtrisés à des publics plus vulnérables. Sur le plan logistique, la colocation encadrée dans les maisons universitaires, la présence de régisseurs et la mutualisation d’espaces communs contribuent à une expérience plus stable, même si l’offre demeure limitée face au nombre total d’étudiants inscrits à Bruxelles.

Partenariats urbains et nouveaux projets

Dans plusieurs communes, les universités collaborent avec des acteurs publics et privés pour accroître l’offre de kots et améliorer leur qualité. Des projets de requalification urbaine, comme la transformation du site des anciennes casernes d’Ixelles/Etterbeek (USquare.brussels), intègrent des logements étudiants, des équipements partagés et des services de proximité. L’idée est d’articuler logement, recherche et vie de quartier, afin de répartir la pression sur plusieurs îlots bien desservis par la STIB (lignes 71, 95, 7, 25).

Des partenariats avec des opérateurs spécialisés permettent aussi de développer des résidences de taille moyenne, proposant des chambres meublées avec sanitaires partagés, studios et espaces communs (salles d’étude, buanderie). Si ces formules affichent souvent des loyers plus élevés qu’en colocation diffuse, elles offrent des baux plus flexibles, des charges maîtrisées et une meilleure prévisibilité des coûts — un atout dans un contexte d’inflation énergétique (Statbel).

Au-delà du bâti, les universités travaillent sur l’information et la prévention. Guides multilingues, webinaires “trouver un logement à Bruxelles”, check-lists de visite, modèles d’état des lieux, rappels sur le PEB et les obligations des bailleurs : ces contenus outillent les étudiants pour naviguer un marché complexe. Les services juridiques universitaires renforcent aussi l’accompagnement en cas de litige, notamment sur les décomptes de charges et les retenues sur garantie locative.

Bon à savoir : Les pages “Housing” des universités (ULB, VUB, USL-B) récapitulent les procédures d’attribution, les critères sociaux, les loyers guides et les périodes d’ouverture des candidatures. La candidature précoce augmente fortement les chances.

Accompagnement social et coordination avec les CPAS

Les services sociaux étudiants, en coordination avec les CPAS, mobilisent des aides ciblées : avances sur garantie locative, interventions ponctuelles sur les arriérés de charges, bourses complémentaires. Ces dispositifs, propres à chaque établissement et commune, sont essentiels pour sécuriser les débuts de bail, particulièrement pour les étudiants boursiers et internationaux sans garant local. Une meilleure articulation avec les communes d’implantation (Ixelles, Etterbeek, Saint-Gilles, Bruxelles-Ville) vise à accélérer les démarches administratives en haute saison locative.

Le renforcement du volet prévention est également stratégique. Sessions d’information à la fin du second quadrimestre, permanences délocalisées sur les campus, et communication spécifique aux primo-arrivants réduisent les erreurs coûteuses (doubles loyers, engagements non adaptés au calendrier académique). Les universités travaillent aussi avec des associations étudiantes pour identifier plus tôt les situations à risque, notamment les abandons de logement fin octobre et les surloyers persistants en colocation.

Enfin, plusieurs établissements suivent de près les indicateurs de tension du marché : taux de vacance à la Toussaint, délais moyens de recherche, niveaux de loyers par type de bien et par quartier. L’objectif est d’ajuster la capacité d’accueil et l’offre d’encadrement, et d’alimenter le dialogue avec la Région et les communes sur la planification urbaine et les normes applicables aux logements étudiants.

4. Alternatives de logement

S’éloigner des hyper-centres tout en restant bien connecté

Face aux loyers élevés d’Ixelles (Flagey, cimetière d’Ixelles) et du Pentagone, des alternatives apparaissent à quelques arrêts de tram ou de métro. À Forest, autour de l’Altitude Cent et du Parc de Forest, des chambres en colocation affichent des loyers plus accessibles que dans les communes centrales, tout en bénéficiant du tram 97 et du bus 48. À Anderlecht, les quartiers Veeweyde et Saint-Guidon, desservis par le métro 5 et le tram 81, offrent des studios et colocations avec des niveaux de loyer souvent inférieurs à ceux d’Ixelles à surface comparable.

À Evere, la proximité du tram 7 et du bus 66 permet des connexions efficaces vers la VUB (Etterbeek) et l’ULB (Delta) via correspondances. Jette, avec le campus de la VUB à Jette et les liaisons tram 9 et 19, propose une base intéressante pour les étudiants en sciences de la santé. Même logique à Schaerbeek, hors axes premiums : autour de Helmet ou de Huart Hamoir, l’offre en colocation reste significative, sous réserve de vérifier l’isolation et les charges attendues dans des maisons anciennes.

Le calcul devient alors celui du temps de trajet acceptable. Un budget gagné de 80 à 150 euros par mois peut justifier 10 à 20 minutes supplémentaires de déplacement si les correspondances STIB sont fiables. Les étudiants arbitrent aussi selon les horaires d’ouverture des bibliothèques universitaires, l’accès aux activités sportives et culturelles sur campus, et les impératifs de stages nécessitant des départs matinaux.

Colocations encadrées, résidences et solutions temporaires

La colocation demeure un levier central pour contenir le coût total. En maison unifamiliale transformée (3 à 6 chambres) ou en grands appartements (2 à 4 chambres) à Saint-Gilles, Forest, Auderghem ou Woluwe-Saint-Lambert, elle répartit loyer et charges. L’important est de sécuriser le cadre juridique : bail de colocation bruxellois, solidarité entre colocataires, et état des lieux contradictoire. Les résidences étudiantes privées constituent une autre voie, avec des loyers supérieurs mais des services intégrés (mobilier, internet, buanderie) et une meilleure prévisibilité des coûts en période de volatilité énergétique (Statbel, inflation 2022).

Les solutions temporaires jouent un rôle d’amortisseur à la rentrée. Auberges de jeunesse à proximité de Botanique, du Mont des Arts et d’Etterbeek, hébergements meublés à bail court, ou sous-locations encadrées par les universités permettent d’éviter des décisions précipitées. Les plateformes étudiantes et les services logement recensent souvent ces options dès août, avec un suivi des disponibilités à la semaine.

Enfin, l’échange intergénérationnel gagne du terrain. Des associations locales mettent en relation des étudiantes et étudiants avec des seniors disposant d’une chambre libre, en échange d’une présence ou de services légers. Cette formule, encore minoritaire en volume, offre des loyers plus bas et une intégration sociale renforcée, sous réserve d’un cadre clair et d’un accompagnement par l’opérateur.

Attention : Les sous-locations non déclarées et les baux verbaux restent risqués. Exigez un écrit conforme au bail étudiant bruxellois, l’accord du bailleur en cas de sous-location, et conservez toutes les preuves de paiement.

Optimiser le couple budget–qualité

Quelles stratégies concrètes à Bruxelles pour sortir par le haut de la crise logement étudiant ? Première piste : cibler des périmètres où le compromis qualité–prix est favorable, par exemple entre Meiser et Bordet (Schaerbeek/Evere), à Laeken (autour de Bockstael), à Anderlecht (Veeweyde, Saint-Guidon) ou à Auderghem hors axe Delta–Hankar. Deuxième piste : prioriser des biens avec PEB plus performant (D ou mieux) pour réduire l’incertitude sur les charges, particulièrement si le chauffage est individuel.

Troisième piste : viser la colocation neuve ou récemment rénovée, où l’efficience énergétique et la qualité des parties communes abaissent les charges au m². Quatrième piste : négocier les baux à 10 mois lorsque les cours ou stages n’exigent pas une présence estivale; si le bailleur refuse, documenter une substitution locative encadrée pour juillet–août. Cinquième piste : utiliser les guichets logement universitaires pour filtrer les annonces et aligner les contrats avec le droit bruxellois, ce qui limite les litiges et favorise des choix durables.

Pour les étudiants internationaux, une arrivée anticipée (fin août) et la réservation d’un hébergement transitoire de deux à quatre semaines permettent d’ouvrir plus d’options tout en menant des visites sérieuses. Pour les primo-arrivants belges, identifier dès le printemps les quartiers secondaires bien connectés et préparer les pièces administratives (garantie, attestations, preuves de revenus du garant) reste une stratégie payante pendant le pic estival.

5. Conseils pratiques pour étudiants

Préparer un dossier solide et agir tôt

Le facteur temps est décisif. Commencez les recherches au printemps, idéalement entre avril et juin, pour élargir le spectre de choix. Constituez un dossier numérique prêt à envoyer le jour même d’une visite :

  • Pièce d’identité et attestation d’inscription ou de préinscription
  • Preuve de revenus du garant et attestation de prise en charge
  • Coordonnées complètes et références éventuelles
  • Preuve de dépôt de garantie sous forme légale (compte bloqué)

Sur place, vérifiez le PEB, l’état des châssis, la ventilation, les détecteurs d’incendie, et demandez les décomptes de charges des deux dernières années si disponibles. À Bruxelles, le bail étudiant est encadré : faites valider toute clause atypique par un service logement universitaire ou par un guichet communal. Les hausses de provisions en cours de bail doivent être justifiées et documentées.

Ciblez des créneaux de visite en semaine et organisez une veille quotidienne des annonces fiables. Autour des campus d’Ixelles et d’Etterbeek, les biens attractifs partent en 24 à 72 heures en été. Un contact poli et complet, accompagné d’un dossier déjà prêt, fait souvent la différence.

Budgétiser précisément l’ensemble des coûts

Établissez un budget intégrant loyer net, charges (eau, chauffage, électricité, internet), assurance incendie, taxe éventuelle de seconde résidence selon la commune, transports (STIB), et frais d’entrée (état des lieux, nettoyage). L’inflation de 2022 a rappelé la sensibilité des charges : privilégiez les logements avec individualisation claire des compteurs ou provisions raisonnables et révisables sur base de décomptes (Statbel). En colocation, anticipez une caisse commune pour les consommables et un tableau de répartition des charges.

Comparez les quartiers à l’aune des transports. Un loyer moindre à Evere ou Anderlecht peut compenser l’éloignement si tram, métro et bus assurent des trajets réguliers vers les auditoires et bibliothèques. Les lignes 71, 7, 95, 5 et 9 sont des axes structurants pour les étudiants ULB/VUB/USL-B. Vérifiez aussi l’accessibilité nocturne, selon vos horaires d’étude et de travail étudiant.

Enfin, gardez une marge pour l’équipement initial (vaisselle, literie), et pour des charges d’hiver potentiellement supérieures. Documentez toute dépense liée au logement : factures, preuves de paiement, échanges avec le bailleur. En cas de litige, cette traçabilité facilite la médiation, voire l’intervention du juge de paix.

Attention : Les dépôts de garantie en cash ou sur un compte au nom du bailleur ne sont pas conformes. La garantie locative doit être placée sur un compte bloqué au nom de l’étudiant (ou du garant), selon les règles applicables en Région bruxelloise.

Stratégies de recherche et sécurisation juridique

Multipliez les canaux : services logement universitaires (ULB, VUB, USL-B), plateformes spécialisées en kots, réseaux étudiants, affichage sur campus, et visites groupées officielles. Filtrez les annonces : méfiez-vous des photos trop générales, des adresses vagues, et exigez un rendez-vous physique. Demandez une copie du bail-type avant de vous engager. Si vous optez pour la colocation, clarifiez la solidarité et les conditions de remplacement d’un colocataire.

S’agissant des charges, privilégiez les contrats avec provisions réalistes et mécanismes de régularisation clairs sur base de relevés. Si le chauffage est collectif, interrogez sur les plages horaires de chauffe et l’isolation. Sur le plan énergétique, un PEB D ou meilleur est un bon repère pour réduire l’incertitude sur les factures, tout en gardant à l’esprit que le comportement d’usage reste déterminant.

En cas de difficulté financière, contactez rapidement le service social étudiant et, selon votre situation, le CPAS compétent. Des avances sur garantie, étalements ou aides ponctuelles existent. Faites également valider les courriels et documents contractuels par un service juridique universitaire pour réduire le risque de clauses abusives ou de pratiques illicites.

Sources

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