Épiceries Solidaires : Manger Bien pour Moins de 5€

11 Jun 2026 · 21 min de lecture · 4 171 mots

Profitez des épiceries solidaires étudiantes pour accéder à des paniers alimentaires variés, souvent en dessous de 5€.

Épiceries Solidaires : Manger Bien pour Moins de 5€

Face à l’inflation alimentaire et à la précarité étudiante croissante, les épiceries solidaires se multiplient en Belgique. Proposant des paniers alimentaires complets et des produits locaux à prix réduits — souvent moins de 5€ pour un repas équilibré — ces structures, portées par des CPAS, des universités, des associations ou des coopératives sociales, répondent à une urgence sociale tout en s’ancrant dans une économie circulaire locale. En 2023, la hausse des prix de l’alimentation a culminé autour de 18% au printemps (Statbel), tandis que 21,4% de la population belge restait à risque de pauvreté ou d’exclusion sociale (Statbel). Les étudiants ne sont pas épargnés, et les files s’allongent dans ces points d’accès essentiels à une alimentation saine et abordable. Consultez nos annonces de kots à Bruxelles pour vous rapprocher de ces ressources.

Concept des Épiceries Solidaires

Définition et objectifs

Les épiceries solidaires, parfois appelées “épiceries sociales” (ou “sociale kruidenier” en Flandre), sont des points de vente à prix réduits réservés à des publics à revenus limités, dont de nombreux étudiants. Leur spécificité tient au modèle économique hybride : une partie des produits est issue de dons (banques alimentaires, supermarchés, producteurs), une autre est achetée à tarifs négociés auprès de grossistes ou de circuits courts. L’objectif est double : garantir l’accès à une alimentation de qualité et stabiliser le budget des ménages et des étudiants, tout en limitant le gaspillage. Découvrez comment les garanties locatives étudiantes peuvent également soutenir votre budget.

Concrètement, ces structures proposent des paniers alimentaires variés — fruits, légumes, produits laitiers, féculents, protéines — et des produits d’hygiène, souvent à 20-40% du prix du commerce classique, selon les critères sociaux retenus. Cette tarification solidaire s’accompagne d’un accompagnement social : conseils nutritionnels, ateliers cuisine, orientations vers des services d’aide (CPAS, médiation de dettes, santé mentale). Le dispositif s’inscrit dans une logique de dignité et de libre-choix, à rebours des distributions ponctuelles. Il ne s’agit pas d’aumône, mais d’un commerce socialement utile, avec ticket de caisse, horaires fixes et étals comparables à une supérette de quartier.

Au-delà de l’urgence budgétaire, ces structures ambitionnent une alimentation durable. Nombre d’épiceries solidaires favorisent les produits locaux et de saison, parfois certifiés bio, en partenariat avec des coopératives ou des agriculteurs de Wallonie, de Flandre orientale ou du Brabant flamand. Elles organisent des circuits de récupération d’invendus auprès de marchés (Abattoir d’Anderlecht), de halles locales (Liège, Namur), ou de grossistes régionaux. En Belgique, les Banques Alimentaires distribuent chaque année des milliers de tonnes de denrées à un réseau d’associations et d’épiceries sociales (Fédération Belge des Banques Alimentaires), facilitant le maillage logistique sur tout le territoire.

Un service conçu pour la diversité des publics

Les bénéficiaires reflètent la diversité des réalités belges : étudiants en hautes écoles ou universités, ménages monoparentaux, travailleurs à temps partiel, personnes sans emploi, nouveaux arrivants. Les étudiants sont de plus en plus présents. Ils combinent frais de logement (kot), minerval, transports (STIB, TEC, De Lijn) et hausse du coût de la vie. Selon les analyses sectorielles relayées par les médias spécialisés, l’alimentation pèse aujourd’hui bien plus lourd dans les budgets étudiants, au point de compromettre la qualité nutritionnelle des repas hebdomadaires quand aucune solution solidaire n’est disponible (KotPlace.be). Pour optimiser vos dépenses, consultez notre guide sur les documents étudiants en ligne.

La couverture territoriale est progressive mais bien réelle : à Bruxelles (Saint-Gilles, Molenbeek, Schaerbeek), en Wallonie (Liège – Outremeuse, Sainte-Marguerite ; Namur – centre-ville), en Flandre (Gand – Rabot-Blaisantvest ; Louvain – Kessel-Lo), des épiceries solidaires opèrent à proximité des campus et des quartiers populaires. Elles s’implantent souvent près des gares (Bruxelles-Midi, Liège-Guillemins, Namur) ou des axes de transport pour faciliter l’accès sans voiture. Ce maillage permet de toucher un public étudiant très mobile, en particulier les kotteurs. Pour plus d'astuces sur l'intégration en Belgique, consultez notre article sur l'intégration réussie des étudiants.

L’éthique de ces épiceries repose enfin sur la non-stigmatisation. L’accès est balisé par des critères sociaux clairs (attestation CPAS, bourse, preuve de revenus, carte d’étudiant) et par une confidentialité stricte. Dans certains cas, le barème est modulé selon la composition de ménage. À ce titre, les épiceries solidaires s’alignent sur une logique de service public élargi, assurant simultanément l’accès, la dignité et la qualité nutritionnelle.

Bon à savoir : La plupart des épiceries solidaires fixent un plafond d’achats hebdomadaire (ex. 10 à 25€) afin d’optimiser la rotation des stocks et d’assurer l’équité entre bénéficiaires. Demandez le barème appliqué et les jours de réassort pour viser les produits frais locaux.

Pourquoi “manger bien pour moins de 5€” est réaliste

L’idée de repas complets sous les 5€ repose sur un effet combiné : prix réduits (jusqu’à -60% dans certaines enseignes sociales), abondance de produits de base (légumineuses, céréales, légumes de saison) et paniers alimentaires hebdomadaires pensés pour 3 à 5 repas. Le tout est renforcé par des ateliers anti-gaspi (cuisiner des restes, conservation), et par la valorisation des invendus parfaitement consommables. Dans un contexte où l’inflation alimentaire a atteint des niveaux inédits en 2023 (Statbel), cet outil devient un amortisseur immédiat pour les portefeuilles serrés, sans concession sur l’équilibre nutritionnel.

Fonctionnement et Avantages

Admission, barèmes et libre-choix

Le fonctionnement type s’appuie sur une inscription préalable. Selon la structure, vous devrez présenter : carte d’identité, carte d’étudiant, preuve de revenus (ou de bourse), attestation CPAS, composition de ménage. Le dossier détermine le barème de réduction et la durée d’accès (souvent 6 à 12 mois, renouvelables). Certaines épiceries étudiantes appliquent un critère unique : inscription dans un établissement (ULB, VUB, UCLouvain, UMons, ULiège, UNamur, etc.) et preuve de difficulté passagère analysée par le service social étudiant.

Une fois inscrit, vous faites vos courses comme dans une supérette : rayons frais, épicerie sèche, produits d’hygiène. La différence tient au prix affiché (réduit) et parfois à un système de points alloués par semaine. La transparence est forte : les prix, l’origine des produits, les fournisseurs partenaires et les limites d’achat sont affichés. Certaines épiceries priorisent les produits locaux (ex. pommes de Hesbaye, carottes du Brabant wallon, produits laitiers de coopératives flamandes), renforçant l’ancrage territorial.

Les coches logistiques incluent des jours de réassort, une chaîne du froid respectée, et une traçabilité des invendus. Les partenaires logistiques (banques alimentaires, plateformes anti-gaspi, grossistes) sont identifiés et audités. Les bénéficiaires conservent le libre-choix : pas d’office imposé, mais des paniers alimentaires “inspiration” proposés pour guider le budget. Cette approche renforce l’appropriation et la dignité, ce qui distingue ces épiceries de la distribution d’urgence.

Avantages budgétaires, nutritionnels et pratiques

Les avantages sont cumulatifs. Sur le plan financier, les réductions appliquées permettent de descendre le coût d’un repas complet en dessous de 5€, y compris pour des recettes végétariennes riches en protéines (légumineuses) et des plats à base d’œufs, de légumes de saison et de céréales complètes. Pour un étudiant en kot, l’économie sur un mois peut atteindre plusieurs dizaines d’euros, selon la fréquence des visites et le barème. Cette bouffée d’oxygène est loin d’être anecdotique alors que l’inflation alimentaire élevée de 2023-2024 a fragilisé les paniers (Statbel). Pour découvrir comment équilibrer votre alimentation et votre sommeil, lisez notre article dédié.

Sur le plan nutritionnel, l’accès régulier à des produits frais diminue le recours aux plats ultratransformés. Les ateliers cuisine proposés dans de nombreuses structures améliorent les compétences culinaires et la planification des repas. Des fiches recettes sont souvent fournies, avec des paniers thématiques (végétarien, local & saison, découverte) adaptés aux saisons. Pour les étudiants, cela facilite la transition vers une cuisine du quotidien compatible avec un emploi du temps chargé.

Enfin, les bénéfices pratiques sont décisifs : localisation proche des campus et des transports (ex. proximité STIB ligne 71 à Ixelles, TEC lignes vers le centre de Namur, De Lijn vers Kessel-Lo), horaires étendus en soirée, paiement électronique, parfois Click&Collect pour paniers prédéfinis. Ces services, ajoutés à la stabilité d’offre, transforment l’épicerie solidaire en maillon du quotidien pour ceux qui jonglent entre cours, job étudiant et révisions.

Attention : Les critères d’accès et les barèmes varient. Une carte d’étudiant seule ne suffit pas toujours. Avant de vous déplacer, consultez le site de l’épicerie, les services sociaux de votre établissement ou le CPAS de votre commune pour éviter un trajet inutile.

Gouvernance et partenariats

La gouvernance associe généralement associations, CPAS, établissements d’enseignement supérieur et bénévoles. Cette alliance favorise la stabilité d’approvisionnement et l’accès à des financements (subsides communaux ou régionaux, fondations, dons privés). Les partenariats avec les producteurs locaux sécurisent des volumes de fruits et légumes, limitent les intermédiaires et garantissent une juste rémunération. À Bruxelles, la cartographie “social.brussels” permet d’identifier rapidement les structures présentes dans chaque commune et leurs conditions d’accès.

Le réseau fonctionne de manière complémentaire avec les Banques Alimentaires, qui, selon leurs chiffres clés, soutiennent des centaines d’organisations en Belgique par des dons réguliers, permettant de lisser les aléas saisonniers et d’incidents logistiques (Fédération Belge des Banques Alimentaires). Le secteur évolue vers une plus grande professionnalisation : traçabilité, PEB des locaux commerciaux, normes d’hygiène, formations pour bénévoles. Ce renforcement améliore la confiance des donateurs et la sécurité des bénéficiaires.

Pour les étudiants, l’implication citoyenne est souvent encouragée : bénévolat en rayons, ateliers, communication. Cette dimension “pair-à-pair” contribue à l’acceptabilité du dispositif dans les quartiers et sur les campus, tout en créant des passerelles avec d’autres services (logement, santé mentale, aide juridique).

Bon à savoir : Certaines épiceries solidaires proposent un tarif encore plus faible pour les invendus de la veille. Arriver en fin de journée peut permettre d’optimiser votre panier, notamment sur les fruits et légumes très mûrs, parfaits pour des soupes et compotes.

Exemples d'Épiceries en Belgique

Structures étudiantes et universitaires

À Bruxelles, des initiatives ciblent explicitement les étudiants. Sur le campus de la VUB, le “Solidarity Shop” propose des denrées à prix réduit pour la communauté étudiante et du personnel en difficulté, avec un système d’inscription confidentiel via les services sociaux. L’offre couvre l’épicerie sèche, l’hygiène et une partie de frais, avec un fonctionnement par créneaux horaires pour éviter l’attente. L’emplacement sur le campus et l’accès par De Lijn et STIB facilitent les visites entre deux cours. L’ULB et d’autres établissements disposent ou soutiennent des dispositifs d’aide alimentaire étudiants, mentionnés dans leurs pages de services sociaux, qui orientent vers des épiceries partenaires proches d’Ixelles et d’Etterbeek.

En Wallonie, dans l’écosystème universitaire de Louvain-la-Neuve et de Namur, des services sociaux étudiants orientent vers des épiceries solidaires accessibles à pied ou en quelques arrêts de bus TEC. À Namur, l’association Épisol (asbl) opère comme une épicerie solidaire ouverte à un public large, étudiants compris, avec une tarification solidaire et des produits issus en partie de circuits locaux. Le centre-ville et la proximité de la gare de Namur en font un point d’appui pertinent pour les kotteurs. À Liège, des initiatives locales en quartiers denses (Outremeuse, Sainte-Marguerite) complètent l’offre, parfois en partenariat avec les services sociaux des hautes écoles.

Ces structures étudiantes investissent aussi la pédagogie : ateliers pour cuisiner un panier à moins de 5€ par repas, techniques de conservation (stérilisation, congélation), ou encore comparaison de labels pour faire des choix éclairés. L’angle n’est pas seulement budgétaire, il est aussi nutritionnel et environnemental, avec un accent sur les produits locaux et de saison.

Réseau CPAS et épiceries de quartier

Dans de nombreuses communes, le CPAS gère une épicerie sociale dédiée aux personnes à faibles revenus. À Bruxelles, la plateforme social.brussels recense ces points d’accès par commune — de Schaerbeek à Molenbeek en passant par Saint-Gilles — avec des fiches pratiques sur les conditions, documents requis et horaires. En Wallonie, des CPAS urbains (Charleroi, Liège, Mons, Namur) comme plus ruraux complètent le maillage, souvent via des partenariats avec les Banques Alimentaires et des producteurs locaux. Ces épiceries de quartier, proches des stations STIB, TEC ou des grands axes, constituent une alternative discrète et stable à la distribution d’urgence.

La tarification solidaire est souvent modulée selon la composition de ménage, et les achats sont plafonnés par semaine pour maintenir l’équité. Ces épiceries intègrent fréquemment des ateliers collectifs : cuisine anti-gaspi, gestion de budget, droits sociaux. Elles deviennent ainsi des “tiers-lieux” au service de la cohésion sociale, où l’on reçoit autant des conseils que des denrées.

Le modèle économique repose sur des dons en nature, des achats négociés et, parfois, une petite fraction de produits au prix du marché, dont la marge finance la structure. La coordination avec les Banques Alimentaires est cruciale, tout comme les partenariats avec des marchés locaux — par exemple à Anderlecht (Abattoir) ou dans les halles de villes moyennes — qui facilitent la récupération d’invendus frais.

Associations, coopératives et projets anti-gaspi

Des associations et coopératives complètent le paysage. Épisol à Namur illustre un modèle hybride : épicerie solidaire, ateliers et plateforme d’éducation populaire autour de l’alimentation durable. À Gand et Anvers, des “sociale kruideniers” gérées par des associations locales développent la vente à bas prix avec un fort accent sur le lien social. À Bruxelles, des collectifs comme Cultureghem organisent des récupérations d’invendus de marché, transformées en paniers distribués dans une logique circulaire. S’il ne s’agit pas toujours d’épiceries au sens strict, ces dispositifs alimentent le même objectif : un accès stable et digne à des denrées de qualité pour un public fragilisé.

Les coopératives citoyennes et magasins participatifs jouent un rôle complémentaire, notamment pour l’orientation vers des produits locaux abordables et une sensibilisation au coût réel de l’alimentation. Elles servent de passerelles, aiguillant vers des épiceries solidaires pour les personnes éligibles et vers des alternatives à bas coût pour le public général.

Dans les grandes villes, la visibilité de ces initiatives augmente : signalétique claire, sites internet actualisés, prise de rendez-vous en ligne. Cette professionnalisation contribue à réduire la stigmatisation et à fluidifier l’accès pour des publics pressés, comme les étudiants. Des cartes en ligne — telles que social.brussels pour la Région bruxelloise — facilitent l’identification de l’épicerie la plus proche par commune et par quartier.

Attention : Toutes les structures citées ne fonctionnent pas sur le même modèle. Certaines ne vendent qu’à des publics référés par un service social, d’autres ouvrent ponctuellement à tous. Vérifiez toujours la procédure d’admission et les plages horaires.

Impact Social et Environnemental

Un amortisseur face à la précarité

L’impact social des épiceries solidaires est mesurable. En offrant des denrées à prix réduit et un accompagnement, elles contribuent à diminuer l’insécurité alimentaire et à stabiliser les budgets. En Belgique, le taux de risque de pauvreté ou d’exclusion sociale atteint 21,4% (Statbel). À Bruxelles, les indicateurs sociaux restent dégradés selon le Baromètre social 2023 de l’Observatoire de la Santé et du Social. Les étudiants, touchés par la hausse du coût de la vie et des loyers de kots, figure parmi les premiers bénéficiaires de ces dispositifs, qui évitent le choix cornélien entre minerval, loyer et alimentation.

L’accès régulier à des produits sains a des effets tangibles : amélioration de la qualité nutritionnelle, diversification des régimes, meilleure planification des repas. Les ateliers proposés réduisent aussi les risques d’endettement via des outils concrets de suivi de dépenses alimentaires. Le soutien discret et non stigmatisant renforce la santé mentale et évite l’isolement, souvent aggravé en période d’examens et de stress académique.

Pour les familles, la modulation des barèmes selon la composition de ménage protège la qualité de l’alimentation des enfants et des jeunes adultes, avec un impact à long terme sur la réussite scolaire et académique. Le tout repose sur une logique de droits : information, accompagnement, orientation vers des prestations sociales complémentaires (CPAS, mutuelles, énergie, logement).

Réduction du gaspillage et ancrage local

Sur le plan environnemental, les épiceries solidaires réduisent significativement le gaspillage alimentaire en Valorisation des invendus encore parfaitement consommables. La coordination avec les marchés (par exemple à Anderlecht), grossistes et producteurs permet d’éviter la destruction de denrées de qualité. La chaîne logistique est optimisée : gestion de la chaîne du froid, tri par date de consommation, transformation en soupes, compotes ou conserves lors d’ateliers.

L’ancrage local se traduit par des circuits courts quand c’est possible : légumes de saison, produits laitiers régionaux, pain de boulangeries partenaires. Cette préférence pour les produits locaux limite l’empreinte carbone liée au transport et soutient l’économie agricole de proximité. Plusieurs épiceries affichent clairement l’origine des denrées, renforçant la transparence et l’éducation du consommateur.

La combinaison de ces leviers — réduction du gaspillage, circuits courts, éducation culinaire — crée une dynamique vertueuse : moins de déchets, plus de valeur ajoutée locale et un impact social immédiat. Les chiffres clés des Banques Alimentaires attestent de volumes importants réorientés vers l’aide alimentaire (tonnages et bénéficiaires en progression), ce qui, couplé à la baisse des prix en épicerie solidaire, amplifie l’effet environnemental positif (Fédération Belge des Banques Alimentaires).

Effets systémiques et résilience urbaine

Au-delà des foyers et des étudiants, ces initiatives renforcent la résilience des quartiers. Les épiceries solidaires sont des lieux de croisement entre acteurs : associations, écoles, communes, producteurs. Elles favorisent la circulation d’informations utiles (énergie, logement, santé), améliorant la capacité des ménages à faire face aux chocs (inflation, perte d’emploi, hausse de charges). Dans les quartiers denses — Saint-Gilles, Molenbeek, Outremeuse, centre de Namur, Rabot-Blaisantvest — leur présence stabilise un écosystème d’entraide tangible.

Enfin, l’effet éducatif s’étend à l’ensemble de la population étudiante : ateliers ouverts, communication sur les coûts cachés des aliments, comparatifs entre recettes à 2-3€ par portion et options plus onéreuses. L’intégration de ces connaissances dans la vie de kot change les habitudes : planification des menus, cuisson en grande quantité, partage d’ustensiles, stockage raisonné. Cet apprentissage produit des effets durables sur les comportements de consommation, même après la période d’éligibilité à l’épicerie solidaire.

Ce rôle systémique est aujourd’hui reconnu par les pouvoirs publics et les observatoires sociaux, qui documentent la persistance de la précarité malgré une désinflation récente. L’alimentation reste un poste budgétaire compressible mais vital, et les épiceries solidaires se positionnent comme un service de proximité indispensable, au même titre que les dispensaires sociaux ou les guichets énergie.

Bon à savoir : Beaucoup d’épiceries solidaires publient un calendrier de saisons et des fiches recettes associées. En structurant vos achats autour de 5 ingrédients “socles” (légumineuses, œufs, céréales, légumes de saison, huile), vous descendez aisément sous 5€ par repas complet pour 2 portions.

Comment Bénéficier du Système

Identifier l’épicerie solidaire la plus proche

Commencez par cartographier l’offre près de votre kot, campus ou domicile. À Bruxelles, la plateforme social.brussels répertorie les épiceries sociales par commune et fournit fiches pratiques et contacts. Contactez aussi le service social étudiant de votre établissement (ULB, VUB, UCLouvain, UMons, ULiège, UNamur, Université Saint-Louis Bruxelles, hautes écoles) : ils tiennent à jour une liste d’initiatives partenaires à proximité immédiate des auditoires, notamment autour d’Ixelles, Etterbeek, Louvain-la-Neuve, Guillemins, Mons-centre ou Namur.

En Wallonie et en Flandre, vérifiez les sites des CPAS communaux et des réseaux locaux. Des associations comme Épisol (Namur) communiquent ouvertement les horaires, critères d’accès et gammes de paniers alimentaires. Certaines structures disposent de créneaux réservés aux étudiants, avec ou sans référencement préalable. Renseignez-vous également auprès des Banques Alimentaires locales, qui peuvent rediriger vers les épiceries partenaires de votre zone.

Enfin, explorez les groupes étudiants et les services logement de votre campus. Les plateformes d’information spécialisées dans la vie étudiante et le logement — dont KotPlace.be — publient régulièrement des guides pratiques, des comparatifs de prix et des conseils pour cuisiner local avec un budget contraint.

Constituer votre dossier et planifier vos courses

Préparez un dossier simple : carte d’identité, carte d’étudiant, éventuelle attestation CPAS, preuves de revenus (ou bourse), composition de ménage, bail de kot. Photographiez ou numérisez ces documents pour les transmettre en ligne si nécessaire. Renseignez-vous sur le barème et sa durée : certaines épiceries accordent l’accès pour 6 mois, renouvelables après évaluation. Anticipez aussi les créneaux horaires et l’affluence pour éviter les files — les fins de journée et lendemains de réassort sont souvent stratégiques.

Organisez vos paniers alimentaires autour de menus hebdomadaires. Listez 3 recettes “socles” à moins de 5€ par portion totale (ex. dahl de lentilles et carottes ; omelette aux pommes de terre et blettes ; pâtes aux pois chiches et sauce tomate maison). Prévoyez le réemploi des restes (soupe, gratin, salade composée). Consultez les fiches saisonnalité pour capter le meilleur rapport qualité-prix sur les produits locaux (choux, carottes, pommes en automne-hiver ; courgettes, tomates en été). Emportez un sac isotherme pour les produits frais et respectez les consignes de conservation.

Au passage en caisse, conservez systématiquement vos tickets. Ils facilitent le suivi de budget et, en cas d’accompagnement social, servent de support pour ajuster le barème ou orienter vers d’autres aides (bourse, énergie, logement). En parallèle, notez les jours d’ateliers : apprendre à cuire en grande quantité, portionner et congeler est souvent le levier le plus efficace pour rester sous 5€.

Conseils opérationnels pour maximiser l’impact

- Sélectionnez 1 source de protéines végétales par semaine (lentilles, pois chiches, haricots), 2 céréales (riz, pâtes complètes), 3 légumes de saison, 1 produit laitier de base, 1 matière grasse neutre. Cette “pyramide minimale” réduit les aléas et limite les achats impulsifs.

- Comparez le prix au kilo et la date limite de consommation. Les offres “dernier jour” permettent des économies supplémentaires, à condition de cuisiner rapidement ou de congeler. Les ateliers anti-gaspi sont pensés pour maîtriser ce volet sans risque sanitaire.

- Restez attentif aux informations de provenance. Quand le choix existe, privilégiez l’origine régionale pour soutenir la filière et limiter les transports. Plusieurs épiceries indiquent clairement le producteur ou la coopérative.

- Mutualisez entre colocataires de kot : courses groupées, partage d’épices, repas communs. Les économies d’échelle sont réelles sur les formats familiaux. Un planning de cuisine à quatre peut abaisser de 15 à 25% le coût hebdomadaire par personne, selon les retours d’expérience partagés par les services sociaux étudiants.

- Enfin, utilisez les transports en commun pour caler vos courses sur le chemin des cours ou du travail étudiant (STIB, TEC, De Lijn), et minimiser les coûts logistiques. Les épiceries solidaires s’implantent souvent à proximité d’arrêts structurants pour cette raison.

Attention : Les stocks varient selon les donations et les saisons. Ayez toujours un “plan B” de recettes modulables. Par exemple, remplacez des courgettes par des carottes ou des épinards par du chou selon l’offre du jour.

Sources