La Commission européenne a annoncé un appel 2026 dépassant 5 milliards d’euros pour Erasmus+, avec un accent renforcé sur les compétences et la mobilité étudiante. Pour la Belgique, pays historiquement très actif dans le programme, cette enveloppe et les nouveautés prévues pour « Erasmus+ 2026 Belgique » dessinent un paysage de mobilité plus inclusif, plus vert et plus numérique, tout en redéfinissant l’articulation avec les dispositifs nationaux et communautaires (Commission européenne – Représentation en Belgique, 2EU Brussels, 2026).
Présentation du programme Erasmus+ 2026
Un cadre 2021-2027 qui entre dans sa phase d’accélération
Erasmus+ 2026 s’inscrit dans la programmation pluriannuelle 2021-2027 de l’Union, dotée de 26,2 milliards d’euros au niveau européen, complétés par des contributions aux instruments extérieurs. L’appel 2026, annoncé à plus de 5 milliards d’euros, concentre une part significative des financements sur la mobilité et le développement des compétences, en cohérence avec l’Année européenne des compétences et ses suites. Pour les établissements belges, l’échéance 2026 constitue une phase d’accélération: les projets structurants (alliances d’universités européennes, partenariats de coopération, BIP) arrivent à maturité et s’articulent davantage avec la mobilité étudiante individuelle (Commission européenne – 2EU Brussels, 2026).
Le volet « enseignement supérieur » – cœur de la mobilité étudiante – reste piloté via l’action clé 1 (KA131), à laquelle s’ajoutent des innovations devenues courantes depuis 2021: les mobilités hybrides, les stages de courte durée, et les Blended Intensive Programmes (BIP). En 2026, les agences nationales belges (AEF-Europe pour la Fédération Wallonie-Bruxelles, EPOS vzw pour la Communauté flamande, et la DG Bildung pour la Communauté germanophone) devraient continuer de déployer des priorités transversales liées à l’inclusion académique, à la durabilité et à la transformation numérique, avec des bonifications financières ciblées lorsque les critères sont remplis. Ces orientations sont balisées par les lignes directrices de la Commission et adaptées au contexte local.
La Belgique se situe dans le peloton de tête européen pour la participation: sur la période récente, environ 10 000 à 12 000 étudiantes et étudiants belges de l’enseignement supérieur entreprennent chaque année une mobilité Erasmus+ à l’étranger, tandis que les établissements accueillent un volume comparable d’entrants, traduisant une internationalisation équilibrée des campus de Bruxelles, Louvain-la-Neuve, Liège, Namur, Mons, Anvers, Gand ou Louvain (données consolidées par les rapports nationaux Erasmus+; tendances confirmées par les bilans annuels des agences nationales). Avec l’appel 2026 rehaussé, l’enjeu est de sécuriser des bourses plus inclusives pour élargir encore la base des bénéficiaires et réduire les barrières financières qui subsistent pour certains publics.
Des nouveautés opérationnelles attendues en 2026
Plusieurs évolutions sont anticipées côté pratique: une interopérabilité renforcée de l’European Student Card (ESC) avec les plateformes des universités belges; des guichets de soutien linguistique en ligne mieux outillés dans la nouvelle version d’OLS; et l’intégration plus poussée des mobilités de courte durée, y compris pour des personnes aux besoins spécifiques. Les BIP devraient par ailleurs être davantage financés, permettant de mixer un volet virtuel et une mobilité physique condensée, format particulièrement adapté aux cursus à horaire contraint et aux stages en entreprise.
Sur le plan des critères d’attribution, l’« inclusion académique » reste un axe fort. Concrètement, cela signifie des top-ups et/ou une priorisation pour les boursiers socio-économiques (publics CPAS, bourses de la Fédération Wallonie-Bruxelles, étudiants jobistes à bas revenu), les étudiantes et étudiants en situation de handicap, ainsi que les personnes avec responsabilités familiales. En 2026, la Commission recommande d’accroître la traçabilité des aides d’inclusion afin de garantir que l’augmentation budgétaire bénéficie réellement aux publics cibles (orientations Erasmus+ 2026, Commission européenne).
Enfin, la dimension verte – green travel et green skills – monte en puissance. Les établissements belges encouragent déjà les trajets en train et bus vers la France, les Pays-Bas, l’Allemagne ou l’Autriche, avec un bonus financier spécifique; en 2026, ce bonus devrait être harmonisé et plus lisible, dans la limite des plafonds fixés par l’UE et les agences nationales. L’adaptation des règles sur le cumul avec certaines aides régionales de mobilité durable en Belgique pourrait être clarifiée en début d’année académique 2026-2027.
Bon à savoir : En 2026, la Commission confirme un financement global de plus de 5 milliards d’euros pour Erasmus+, avec un accent sur les compétences et la mobilité. Les établissements belges peuvent demander des fonds pour augmenter les top-ups inclusion et le bonus « green travel » (Commission européenne – 2EU Brussels, 2026).
Cartographie belge: universités et hautes écoles mobilisées
La maille territoriale reste un atout: à Bruxelles (ULB, VUB, UCLouvain Saint-Louis Bruxelles, HE2B), le réseau de transports STIB facilite l’accès aux pôles internationaux et aux services administratifs; en Wallonie (Liège, Namur, Louvain-la-Neuve, Mons, Charleroi), les implantations proches des gares TEC/SNCB favorisent les départs; en Flandre (Gand, Anvers, Louvain, Hasselt, Courtrai), De Lijn relie efficacement campus et hubs ferroviaires. Cette logistique soutient une préparation de mobilité plus fluide, y compris pour les départs de courte durée, souvent planifiés sur des fenêtres semestrielles serrées.
Les bureaux internationaux des universités et hautes écoles belges indiquent une hausse des demandes pour des séjours de 2 à 3 mois, souvent adossés aux BIP ou à des stages dans des PME européennes. Les secteurs en tension – soins de santé, numérique, ingénierie, environnement – concentrent une part croissante des places, en lien avec les priorités de compétences. Cette convergence « besoins du marché – mobilité académique » devrait s’accentuer en 2026, y compris pour les étudiantes et étudiants de cursus professionnalisants des hautes écoles.
Pour les locataires de kot, l’enjeu est d’anticiper la sous-location temporaire pendant la mobilité: à Louvain-la-Neuve ou à Ixelles, le marché étudiant permet souvent de trouver un occupant pour un semestre, moyennant l’accord écrit du propriétaire et le respect du bail étudiant spécifique en Région wallonne ou Région bruxelloise. Les services logement des établissements publient régulièrement des guides et modèles d’avenants, afin d’éviter les litiges à la rentrée.
Priorités stratégiques et budget
Un budget 2026 en hausse et orienté vers l’impact
L’appel 2026 annoncé par la Commission dépasse 5 milliards d’euros, soit un niveau supérieur aux enveloppes annuelles précédentes et conçu pour amplifier la mobilité étudiante, les stages et les coopérations interuniversitaires. La ventilation précise par action clé est publiée par les agences nationales et la Commission au moment des guides 2026, mais les signaux partagés indiquent un renforcement des crédits KA1 pour l’enseignement supérieur, afin d’accompagner l’élargissement de la participation et l’indexation partielle des coûts de vie dans les pays d’accueil (Commission européenne – 2EU Brussels, 2026).
La logique d’« impact » oriente également les critères de sélection: davantage de poids est accordé à l’inclusion et à la durabilité, avec des indicateurs de suivi (taux de participation des publics cibles, parts de mobilités vertes, progression des compétences linguistiques). Les établissements belges qui démontrent une stratégie d’inclusion académique active – via des repérages en amont, des guichets d’aide financière et un accompagnement au retour – sont mieux positionnés pour obtenir des enveloppes additionnelles.
Dans ce cadre, les étudiants belges peuvent s’attendre à des bourses plus lisibles: un barème par groupes de pays d’accueil, assorti de compléments pour l’inclusion, le voyage durable et certaines situations particulières (étudiants parents, travailleurs étudiants). La Commission incite les agences à publier de manière plus transparente, dès l’automne, les montants par catégorie pour l’année académique suivante, afin de sécuriser les décisions individuelles et la planification budgétaire des ménages.
Quatre priorités transversales européennes et leurs déclinaisons belges
Les quatre priorités transversales – inclusion et diversité, transformation numérique, environnement et lutte contre le changement climatique, participation à la vie démocratique – structurent Erasmus+ 2026. En Belgique, elles se traduisent concrètement par:
- Inclusion: top-ups socio-économiques et dispositifs d’accompagnement dédiés;
- Numérique: soutien aux mobilités hybrides et aux BIP;
- Environnement: bonus « green travel » et incitations aux partenariats autour des compétences vertes;
- Démocratie: activités de citoyenneté européenne intégrées aux projets et aux cours.
Ces priorités s’imbriquent avec les feuilles de route des établissements. Par exemple, les universités bruxelloises et flamandes renforcent les corridors ferroviaires pour l’Italie du Nord et l’Allemagne de l’Ouest via Bruxelles-Midi et Anvers-Central; en Wallonie, Liège-Guillemins et Namur servent de plateformes pour des destinations proches comme Cologne, Maastricht ou Paris, permettant d’augmenter la part de voyages bas-carbone.
La priorité « compétences » de l’appel 2026 se décline en soutenant des mobilités alignées sur les besoins économiques identifiés au niveau européen et national. Les data engineering, les technologies médicales, les compétences pédagogiques et la transition énergétique sont explicitement cités dans les programmations, ce qui influence la cartographie des partenariats actifs des universités et hautes écoles belges.
Gouvernance et calendrier: le rôle des agences nationales belges
La Belgique dispose de trois agences nationales Erasmus+ pour l’enseignement et la formation: AEF-Europe (Fédération Wallonie-Bruxelles), EPOS vzw (Vlaanderen) et l’agence compétente de la Communauté germanophone. Elles publient chaque année le Guide du programme adapté, les fenêtres de dépôt et les critères d’éligibilité fine. Les établissements bénéficient d’enveloppes de mobilité allouées sur base d’historiques de performance et de priorités d’inclusion. Le cycle 2026 devrait ouvrir ses appels principaux entre la fin de l’automne 2025 et le premier trimestre 2026, avec notifications au printemps et déploiement dès l’été.
En pratique, les étudiants déposent leurs candidatures auprès de leur bureau international, qui sélectionne et classe. Les places sont ensuite liées aux accords bilatéraux actifs. La capacité d’un établissement à démontrer un impact inclusif documenté peut renforcer le volume d’enveloppe reçu l’année suivante, créant une boucle vertueuse entre stratégie sociale et ressources. Cette gouvernance incite les acteurs belges à professionnaliser davantage le suivi des parcours des bénéficiaires, notamment ceux issus de milieux modestes.
Le couplage entre budget et priorités encourage aussi l’innovation pédagogique: les BIP, par exemple, permettent de rapprocher cursus et besoins du terrain via des sprints intensifs, souvent hébergés par des partenaires à Cologne, Lille, Rotterdam, Milan ou Barcelone. Les campus belges peuvent ainsi diffuser l’expérience internationale à un public plus large, y compris celles et ceux qui n’auraient pas envisagé une mobilité longue.
Attention : Les barèmes de bourse et top-ups varient selon les agences nationales et peuvent évoluer à l’automne. Vérifiez systématiquement les montants publiés par votre établissement et l’agence de référence (AEF-Europe, EPOS vzw) avant d’engager des dépenses importantes.
Opportunités pour les étudiants belges
Des parcours plus flexibles: hybridation, courte durée et stages
La principale nouveauté tangible d’Erasmus+ 2026 pour la Belgique réside dans la diversification des formats. La mobilité hybride, qui combine un enseignement virtuel commun et une mobilité physique plus brève, facilite la participation des étudiants engagés dans un job étudiant, un mandat associatif ou des responsabilités familiales. Les stages Erasmus+ de courte durée, plus nombreux, répondent aux exigences des filières professionnalisantes des hautes écoles, en santé, ingénierie appliquée ou gestion.
Concrètement, un étudiant en informatique à Namur ou Courtrai peut envisager un BIP de deux à trois semaines à Copenhague ou Rotterdam, précédé d’un module en ligne; une étudiante en soins infirmiers à Liège peut effectuer un stage intensif en hôpital partenaire à Lille ou Aix-la-Chapelle; un master en sciences politiques à Bruxelles peut mixer cours hybrides et mission courte dans une ONG européenne à Anvers ou La Haye. Ces formats, soutenus financièrement, élargissent la base des bénéficiaires sans renoncer aux exigences académiques.
Les trajectoires de carrière bénéficient de ces expériences: selon les synthèses annuelles Erasmus+, la mobilité est corrélée à un taux d’employabilité plus élevé à court terme, notamment lorsque l’expérience inclut un stage en entreprise. Les acteurs belges observent une prime à l’international sur les marchés de Bruxelles, d’Anvers et de Liège, dans les métiers du numérique, de la consultance, de la logistique et de la santé. L’appel 2026, orienté « compétences », soutient cette dynamique en finançant davantage les partenariats entreprise–université.
Inclusion académique: des aides mieux ciblées
Le mot d’ordre 2026 est d’élargir la participation des publics sous-représentés. Les top-ups d’inclusion, activés par les agences nationales belges, complètent la bourse de base et peuvent couvrir des coûts non standard: équipements spécifiques, accompagnement, surcoûts de logement. Cette approche est essentielle dans des villes à coût élevé où se concentrent nombre de destinations comme Amsterdam, Paris, Milan ou Barcelone.
Les services sociaux étudiants (SSE) des universités et hautes écoles travaillent de concert avec les agences pour sécuriser les cumuls d’aides: bourses communautaires, interventions ponctuelles du CPAS pour des dépenses précises, et bourses de stage. L’objectif affiché pour « Erasmus+ 2026 Belgique » est d’augmenter le taux de participation des boursiers socio-économiques, en réduisant l’auto-censure souvent liée à la contrainte budgétaire et à l’incertitude sur les montants.
Cette inclusion passe aussi par des procédures simplifiées: reconnaissance automatique des acquis (ECTS), référents handicap dédiés, et calendrier de versements plus prévisible. Plusieurs établissements belges annoncent une avance de bourse plus élevée avant le départ, afin d’éviter le recours à des crédits coûteux ou à des découverts bancaires. Le suivi au retour inclut un accompagnement pour valoriser l’expérience auprès des employeurs, avec ateliers CV et rencontres entreprises à Bruxelles et à Louvain-la-Neuve.
Bon à savoir : Les mobilités « vertes » en train ou bus donnent droit à un bonus financier. Au départ de Bruxelles-Midi, des liaisons directes vers Paris, Cologne, Francfort, Amsterdam ou Londres permettent de réduire l’empreinte carbone et d’alléger certains coûts (bonus green travel publié par les agences nationales).
Vie étudiante et logement: anticiper pour mieux partir
Le logement reste un nœud stratégique. À Bruxelles (Ixelles, Etterbeek, Saint-Gilles), à Louvain-la-Neuve (centre et Bruyères), à Liège (Sart Tilman, centre), à Gand (Zuid, Muide) ou à Anvers (Zuid, Eilandje), la pression sur le marché des kots impose une planification précoce. En mobilité sortante, deux options se présentent: libérer son kot et réintégrer le marché au retour, ou conserver son bail et sous-louer légalement durant le semestre d’absence. La seconde option suppose l’accord écrit du propriétaire et le respect des cadres régionaux du bail étudiant.
À l’étranger, les bureaux internationaux partenaires et les associations étudiantes (ESN) publient des listes de résidences universitaires et d’offres privées. Les montants varient fortement: Cologne ou Lille restent plus abordables que Paris ou Amsterdam. Les top-ups d’inclusion et le bonus vert contribuent partiellement à absorber ces écarts, mais une épargne précautionnelle et une réservation à l’avance demeurent conseillées, surtout pour un départ en septembre.
Pour la mobilité entrante en Belgique, les villes universitaires renforcent l’offre dédiée: ULB/VUB Housing, UCLouvain, Université de Liège, UGent et KULeuven proposent des quotas pour les entrants Erasmus+. En 2026, la coordination des calendriers de remise de clés et des baux courts devrait mieux cadrer les arrivées de janvier et septembre, évitant des vacances locatives coûteuses pour les propriétaires et des doubles loyers pour les étudiants.
Impact de la suppression d'Erasmus Belgica
Un dispositif historique en question
Erasmus Belgica est le dispositif de mobilité intrabelge entre Communautés, développé pour encourager un séjour d’études entre, par exemple, la Fédération Wallonie-Bruxelles et la Communauté flamande. Son intérêt: favoriser le plurilinguisme et le brassage intercommunautaire, avec des équivalences académiques facilitées. Depuis plusieurs années, des acteurs du secteur évoquent une rationalisation afin d’aligner davantage les mobilités intrabelges avec les cadres et outils d’Erasmus+ (cartes étudiantes, reconnaissance centralisée, suivi des indicateurs d’inclusion).
À ce stade, aucune communication européenne officielle n’entérine la suppression d’Erasmus Belgica. Néanmoins, le débat est ouvert dans les enceintes belges: faut-il intégrer ces mobilités intrabelges dans le périmètre ordinaire d’Erasmus+ 2026, ou conserver un label distinct? L’hypothèse d’une suppression – ou d’une intégration complète dans Erasmus+ – aurait des implications concrètes pour les établissements, les étudiants et les agences nationales, notamment en termes de guichets uniques, de barèmes et d’indicateurs.
Si l’intégration était décidée, plusieurs avantages opérationnels émergeraient: dossier unique, bourse calculée selon des règles communes, et traçabilité plus fine des publics d’inclusion. Pour la Belgique, unifier les canaux pourrait aussi faciliter la communication vers les étudiants, qui connaissent bien « Erasmus+ » mais moins « Erasmus Belgica ». À l’inverse, la disparition d’un label national risquerait d’affaiblir la visibilité politique d’un objectif central du pays: la mobilité intercommunautaire et le multilinguisme.
Conséquences potentielles pour les étudiants
Sur le plan financier, une bascule dans Erasmus+ 2026 pourrait harmoniser les top-ups et clarifier les cumuls avec les aides communautaires et les dispositifs CPAS. Les étudiants de Bruxelles ou de Louvain-la-Neuve souhaitant passer un semestre à Gand, Anvers ou Louvain bénéficieraient potentiellement de barèmes identiques à ceux des mobilités transfrontalières courtes, assortis d’un suivi qualité aligné sur les standards européens (OLS, reconnaissance ECTS, charte). Les bourses pourraient toutefois être moins élevées si les distances et les coûts de voyage chutent, d’où l’importance d’un calibrage belge tenant compte des marchés locatifs locaux.
Académiquement, l’intégration renforcerait la reconnaissance automatique et simplifierait les learning agreements. Une mobilité Namur–Gand ou Liège–Anvers pourrait être traitée dans les mêmes systèmes de gestion que Bruxelles–Rotterdam ou Mons–Lille, ce qui fluidifierait les processus administratifs. Reste la question des objectifs linguistiques: Erasmus Belgica, en tant que label, mettait le néerlandais et l’allemand de Belgique au cœur du projet. Une intégration dans Erasmus+ 2026 exigerait des garde-fous pour préserver cet axe, par exemple via des top-ups linguistiques ciblés et des modules préparatoires obligatoires.
Socialement, l’enjeu est de maintenir l’ADN inclusif. Les mobilités intrabelges offrent une voie d’internationalisation à domicile, moins coûteuse et plus accessible pour les publics fragiles. Si le label disparaissait, il faudrait garantir que l’inclusion académique reste prioritaire et que les campus de Bruxelles, Anvers, Liège, Louvain ou Gand continuent d’organiser des accueils intercommunautaires, des parrainages bilingues et des activités de cohésion.
Attention : À l’heure d’écrire ces lignes, aucune décision officielle publique n’a confirmé la suppression d’Erasmus Belgica. Les étudiants doivent se référer aux communications de leur établissement et des agences nationales belges pour toute évolution de dispositif.
Gouvernance et visibilité: quels garde-fous?
Du point de vue des établissements, la fusion des circuits exigerait un cadrage commun entre AEF-Europe, EPOS vzw et la Communauté germanophone pour maintenir des objectifs mesurables: nombre de mobilités intrabelges, niveaux linguistiques visés, taux de réussite, profils socio-économiques. Un reporting distinct au sein d’Erasmus+ 2026 pourrait préserver la lisibilité des résultats. Sans ces garde-fous, le risque serait de diluer une politique publique appréciée pour son ancrage local et sa contribution au vivre-ensemble belge.
La communication publique devra, elle aussi, évoluer: un guichet unique numérique présentant, sur une même page, « Mobilité Erasmus+ Belgique – intra-UE – intrabelge » clarifierait l’offre. Des exemples concrets, par ville et par filière, aideraient les étudiants à se projeter: stages court-terme à Anvers pour des étudiants francophones en logistique; semestres à Mons pour des néerlandophones en design; modules conjoints Bruxelles–Louvain pour la santé. La visibilité comptera au moins autant que la mécanique financière.
Au total, l’impact d’une suppression – si elle devait être actée – dépendra de la capacité des autorités belges à transposer les finalités d’Erasmus Belgica dans les instruments de 2026: inclusion, plurilinguisme, proximité. L’expérience montre que les réformes réussies combinent simplicité administrative et objectifs clairs, assortis d’indicateurs publics et d’un calendrier de mise en œuvre réaliste.
Comment participer
Étapes clés pour une mobilité en 2026
Pour bénéficier des nouveautés d’« Erasmus+ 2026 Belgique », la chronologie est déterminante. Entre septembre et novembre 2025, les bureaux internationaux publient les destinations et critères. Il convient de préparer un dossier complet: relevés de notes, projet de learning agreement, justificatifs d’éligibilité pour les top-ups d’inclusion, et attestation de langue si requise. Les commissions de sélection se tiennent généralement entre novembre et février; les nominations auprès des universités partenaires suivent au printemps.
Sur la partie financière, l’étudiant vérifie les barèmes 2026 auprès de son établissement et de l’agence nationale compétente (AEF-Europe, EPOS vzw). Les compléments « inclusion » et « green travel » doivent être demandés au moment opportun, avec les pièces probantes (bourse sociale, attestation CPAS, preuve de trajet bas-carbone). À Bruxelles, Gand, Liège, Louvain-la-Neuve ou Anvers, les services sociaux étudiants proposent des rendez-vous budgétaires individuels, utiles pour anticiper les coûts de logement, transport, assurance et éventuels frais administratifs locaux.
Le volet académique se sécurise en parallèle: choix de cours, équivalences ECTS, reconnaissance obligatoire au retour. Les BIP et mobilités courtes requièrent une organisation millimétrée des calendriers, notamment pour éviter les chevauchements avec les sessions d’examens de janvier ou juin et pour planifier les trajets ferroviaires au meilleur tarif.
Conseils pratiques pour la vie quotidienne et le logement
Sur le logement, anticipez. À Bruxelles (Ixelles, Etterbeek), Louvain-la-Neuve, Liège ou Gand, vérifiez la possibilité de sous-louer votre kot pendant votre absence. Demandez un avenant au bail si nécessaire et gardez des traces écrites. À l’étranger, préférez les résidences universitaires et plateformes institutionnelles; à défaut, passez par des associations étudiantes reconnues et sécurisez les paiements. À Paris, Amsterdam ou Milan, réservez tôt; à Cologne, Lille ou Rotterdam, une recherche deux à trois mois avant reste plausible, mais la demande a augmenté depuis 2023.
Transport: privilégiez les trajets bas-carbone pour activer le bonus vert. Depuis Bruxelles-Midi, les liaisons directes Thalys/ICE/Eurostar couvrent Paris, Cologne, Francfort, Amsterdam, Londres. Depuis Liège-Guillemins et Anvers-Central, des correspondances rapides desservent l’Allemagne de l’Ouest et les Pays-Bas. Conservez les preuves d’achat et d’embarquement pour justifier votre bonus.
Assurance et santé: vérifiez la couverture maladie européenne (CEAM) et les éventuelles assurances complémentaires exigées par l’établissement d’accueil. Les stages en laboratoire ou en soins de santé demandent parfois une attestation spécifique. Vaccinations, responsabilité civile et assurance logement sont à clarifier avant le départ.
Bon à savoir : La Carte Étudiante Européenne (ESC) s’intègre progressivement aux systèmes belges: en 2026, elle simplifie l’inscription, l’accès aux bibliothèques et parfois aux transports locaux. Vérifiez son activation auprès de votre université.
Checklist rapide et points de vigilance
Pour transformer l’opportunité Erasmus+ 2026 en réussite concrète, détaillez votre plan d’action:
- Éligibilité et sélection: notez les échéances de votre établissement; préparez votre dossier trois semaines avant la date limite;
- Budget: établissez un tableau poste par poste (logement, transports, dépôt de garantie, alimentation, assurances) et intégrez les top-ups potentiels;
- Logement: clarifiez votre situation en Belgique (résiliation, sous-location) et votre stratégie à l’étranger (résidence universitaire, colocation);
- Académique: faites valider un learning agreement réaliste; anticipez les équivalences ECTS;
- Mobilité verte: planifiez des trajets train/bus et conservez les justificatifs.
Rappelez-vous que l’inclusion académique est une priorité: si vous êtes boursier, suivi par un CPAS, en situation de handicap ou avec des responsabilités familiales, signalez-le dès l’amont pour activer les soutiens disponibles. Les bureaux internationaux à Bruxelles, Anvers, Liège, Louvain, Mons, Namur et Gand ont des référents dédiés.
Enfin, valorisez votre mobilité au retour: ateliers carrière, crédits ECTS reconnus, modules de certification linguistique, et participation aux réseaux d’alumni Erasmus+. Cette étape, souvent négligée, renforce l’impact professionnel et personnel de votre séjour.
Attention : Les cumuls d’aides (bourses communautaires, CPAS, top-ups Erasmus+) obéissent à des règles précises. Avant de signer un bail à l’étranger ou d’acheter vos titres de transport, validez par écrit les montants et conditions auprès de votre bureau international et de l’agence nationale compétente.
Sources
- Commission européenne – Représentation en Belgique (2EU Brussels): Appel 2026 Erasmus+ et accent sur les compétences et la mobilité
- Commission européenne – Erasmus+ (présentation du programme 2021-2027)
- Erasmus+ Belgium – Portail des trois agences nationales (AEF-Europe, EPOS vzw, Communauté germanophone)
- AEF-Europe – Agence francophone pour l’éducation et la formation
- EPOS vzw – Agence nationale Erasmus+ Vlaanderen